Samedi 15 & dimanche 16 septembre 2012 Conférence de Clélia Nau et performance dansée de Laetitia Angot

Lors de ce week-end de clôture de l’exposition dé-composition et qui est aussi le week-end du patrimoine deux évènements sont organisés.

Clélia Nau, maître de conférences en histoire et philosophie de l’art à l’Université Paris VII, nous fait l’honneur de donner une conférence Edvard Munch et August Strindberg : fleur de métamorphose, à la médiathèque d’Amilly samedi 16 septembre à 18 h (56 rue des Droits de l’Homme).

 Laetitia Angot nous réserve une performance dansée unique Repos successifs de surfaces, sur la pointe de « l’île » des Tanneries, le dimanche 16 septembre à 17 h .

  

 

 

REPOS SUCCESSIFS DE SURFACES / Pièce Chorégraphique pour l’extérieur / L. Angot

REPOS SUCCESSIFS DE SURFACES

Pièce Chorégraphique

Laetitia Angot

 

LE 16 SEPTEMBRE à AMILLY

Aux Tanneries, en extérieur sur la pointe bordée des deux bras du Loing,

dans le cadre de l’exposition dé-composition.

 

Intervenir à l’invitation de Sylvie Turpin et en résonance avec les œuvres présentées par les artistes, c’est pour moi me poser la question du corps dansant, comme l’on pourrait dire d’une sculpture se formant.

Mon corps a une forme, il est au monde, à l’espace. Je l’éprouve dans du temps. Mon corps est la condition première de mon expérience du monde, de l’autre, objet, être, réflexion. Vivant, il est toujours en mouvement même lorsqu’il paraît immobile, au repos. Son ossature est le garant de sa forme, de sa possibilité à se positionner ; sa musculature de sa capacité à se déformer et à exercer des forces sur lui-même et sur le monde. Il repose sur ses surfaces.

Immobile, debout, reposant sur mes os, je suis déjà agi.

Des poussées s’exercent, rétablissent l’équilibre. Je perçois le monde et moi-même, le reçois, me reçois. Je suis déjà en mouvement.

Étant, il y a déjà du battant, du respirant, du sentant. J’organise déjà l’espace, je rythme déjà le temps.

Il y a déjà du dansant.

J’en reste à l’étonnement, au qu’est-ce que j’en fais ?

La fabrique du mouvement peut facilement se mettre en branle.

Difficulté d’en rester au nécessaire.

Si un regard est posé sur moi, le mien ou celui d’un autre, difficulté de ne pas répondre à une attente supposée, à un jugement supposé, difficulté de ne pas donner une réponse quelle qu’elle soit à la raison de l’être là.

Qu’est ce que je fais là ? Qu’est-ce que je vais faire ?

J’enregistre des changements. Cela traverse.

Même un mouvement des plus spontanés semble conditionné, déterminé par un ensemble de facteurs innombrables et d’ordre différent.

Mon corps a une forme, en cela il est déjà déterminé dans le monde.

J’observe avec attention les phénomènes qui le traversent.

Si j’applique un objectif, comme celui de marcher, ou de reposer successivement mes surfaces, le monde se renverse à chaque instant.

 

REPOS SUCCESSIFS DE SURFACES se crée à partir de ce qui m’a arrêté dans les œuvres de l’exposition Dé-composition.

Est-ce, ce qui s’est répandu que l’on a contenu ou sont-ce les volumes-contenants qui se tiennent par ce qui s’est répandu ? Mémoire de ce qui fût répandu et s’arrête : repos du liquide.

Quand est-ce que les lignes se sont arrêtées sur la surface du tableau ? Est-ce la matière qui les maintient au repos ?

Comment, ce qui semble si stable est-il toujours un repos en équilibre ?

A quoi ça tient ? Comment immobile cela est-il toujours infiniment un mouvement prolongé ?

Comment l’intransportable, tordu, frappé, découpé s’est-il déposé ? Qu’est-ce qui nous maintient ?

 

REPOS SUCCESSIFS DE SURFACES se proposera comme une expérience ouvrant sur un répertoire de formes surgies de contacts involontaires avec l’extérieur.

Le corps inscrit dans le paysage devient un étalon mouvant à l’aune duquel on saisit ses détails.

Je reposerai successivement donc les surfaces de mon corps.

Je porterai toute mon attention à identifier la surface qui se dépose. Grande concentration sur son étendue, sa forme, sa fonction usuelle, son histoire.

Le repos d’une surface, plus que son simple dépôt pose la question de l’adhérence, du contact de l’appui, il y a un certain abandon. À quoi s’abandonne-t-on ?

Le repos d’une surface pose la question du support ; Cède-t-il ? Supporte-t-il ? Grande concentration sur ses propriétés, ses limites. Accueil des sensations. Sur quoi pouvons-nous nous reposer ? Qu’est-ce qui nous tient, nous accueille ?

La succession pose la question du rythme, du choix du support, du choix de la surface à reposer. Jusqu’à quand rester ?

Le choix des surfaces pose la question de l’activité du reste du corps, des restes… Suivent-ils, résistent-t-ils ?

Le repos d’une surface donne au mouvement une direction.

Je veillerai à m’orienter d’après mes changements. Toute direction spontanément initiée est à suivre.

Le cheminement du corps dans l’espace sera déterminé seulement par les choix successifs des zones de repos appliquées aux surfaces du corps.

Dans cette succession de choix, il y aura organisation d’un espace et d’un temps de fait. Il y aura composition avec le lieu.

Il y a une pointe triangulaire bordée par les deux bras du LOING à l’extrémité de la parcelle des Tanneries.

Le bruit de l’eau et des feuillages, la présence graphique du paysage sont très prégnants.

Vous marcherez pour vous y rendre.

Peut-être pleuvra-t-il ? Peut-être fera-t-il chaud ?

Il y aura des bancs, vous pourrez vous y asseoir.

 

LAETITIA ANGOT

Laetitia Angot mène une exploration du corps comme témoin visible des mouvements intérieurs qui nous régissent et nous animent.

Inspirée par plusieurs pratiques artistiques – danse classique et contemporaine, butô, mime et théâtre physique, clown et burlesque, digressions sonores -, elle interroge les genres et les langages du corps.

Elle développe ses propres compositions à partir de la particularité des interprètes, des creux et jaillissements spontanés du mouvement.

Elle tisse son questionnement : où commence la danse ?

Elle débute par la danse classique pour poursuivre par des études de cinéma à l’université Paris VIII Vincennes-St Denis. Jean-Claude Fall et Claude Buchevald la forment comme actrice. Serge Tranvouez lui transmet les techniques d’entraînements physiques développées par Didier Georges Gabily et Yves Lorelle du Centre National du Mime sa culture des pratiques rituelles.

Elle entre à l’Ecole du Samovar de Bagnolet en 1998 et se forme à un théâtre physique avec Philippe Dormoy du Théâtre du Lierre et Catherine Dubois du théâtre du Mouvement (Decroux). Elle y fréquente, bouffons, clowns, burlesques et excentriques et rencontre l’acteur-danseur-clown-acrobate Thomas Chopin avec qui elle fonde la compagnie l’Intestine. Elle vient au clown par l’argentin Gabriel Chamé, le français Thibaut Garçon et l’anglaise Joyce Henderson du Théâtre de Complicité.

Suzon Holzer (méthode Alexander), Fabrice Dugied, Cécile Loyer la forment à la danse contemporaine; Y. Fujitani, K. Murobushi, T.Fukuhara à la danse butô.

Au sein de la compagnie L’intestine elle developpe diverses collaborations et crée et tourne trois pièces le danseur Thomas Chopin (interprète de Nasser Martin Gousset, Karine Pontiès), la chorégraphe Yumi Fujitani (danseuse de Carlotta ikeda et Ko Murobushi). Ces pièces ont été soutenues et présentées par differentes structures ( Le Festival Mimos, L’ADAMI, La Drac île de France, L’Espace Tenri et L’ Espace Pierre Cardin à Paris, Le Festival de Langlade).

Elle poursuit également des collaborations à l’extérieur de sa compagnie.

Avec Dan Jemmett, «The Little Match Girl » en duo avec les Tiger Lilies, tourné en Europe durant 5 ans présenté au Théâtre des Abbesses en 2006. Avec Estelle Savasta, «Seule dans ma Peau d’Ane», solo danse/théâtre selectionné au Molière 2008. Avec Anne Monfort, metteur en scène d’un théâtre visuel et performatif, entre autre « Lettres à Annie » d’Antonin Artaud (Festival des Correspondances de Manosque), « Nothing Hurts » de Falk Richter (Théâtre du Colombier, Bagnolet). Pour le Festival La Voix est Libre 2008, aux Bouffes du Nord, avec Lazare et le guitariste Jean-François Pauvros, elle danse « La Femme Cheval».

Elle assure de nombreuses performances au gré des invitations, festivals, bibliothèques, écoles, librairies, musées, galeries, rue.

Elle rencontre Arnaud Vasseux en 2011. Ils partagent une réflexion sur l’espace, l’expérience et la mémoire. L’écriture en direct, les improvisations à même le lieu et une attention extrême aux phénomènes (résurgence, rémanence, survivance, concrétion, dépôt, poussée, jaillissement, appui, torsion, tension, densité…) constituent une approche commune. Le glanage, la collecte, le recueil de ce qui se dépose des codes, des traditions, des conventions, traversent leurs pratiques. Ils souhaitent enrichir leurs champs d’expérience et leurs pratiques de cette exploration des matières, sans forcément associer leurs objets, sans nécessairement assujettir une pratique à l’autre. BALLET est la première pièce chorégraphique issue de leur collaboration. Elle a été présenté à la Péniche Antipode à Paris le 11 octobre 2011, au Théâtre du Granit, scène nationale de Belfort le 16 janvier 2012, au Théâtre de Verre à Paris le 16 février 2012 au Festival Nouvelles Danse Performance à Pôle Sud à Strasbourg le 1er juin 2012 sur l’invitation d’Olivier Grasser du Frac Alsace.

Elle travaille actuellement en parallèle de BALLET à une pièce chorégraphique déformable pour 17 interprètes scénographiée par Arnaud Vasseux. Cette pièce « LES GENS COMME MOI NE SAVENT PAS VIVRE » est une exploration de ce qui s’est déposé du travail chorégraphique de Pina Bausch dans ce qui lui a été transmis. C’est aussi une biographie rêvée de la chorégraphe et de ses questionnements, écrite par Jean-paul Chabrier (Actes-Sud).

 

CONTACTLaetitia Angot, Chorégraphe / 06 81 34 19 72

langotxx@gmail.com

http://laetitiaangot.wordpress.com/.

  

 

 

Edvard Munch et August Strindberg :

fleurs de métamorphose

En 1898, Munch réalise un dessin intitulé La Fleur de douleur ou La Fleur de sang : motif élaboré pour dire la relation intime centrale chez les symbolistes – de l’art et de l’expérience de la souffrance, lié de très près à certaines des « rêveries végétales » d’August Strindberg qui pendant ces mêmes années délaisse la littérature pour la botanique, la peinture et la photographie.